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exemples d'opérations de grande envergure et atypiques Le Collège des Bernardins

Restauration et reconversion du Collège des Bernardins (Paris 5ème) 6 000

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Description

A sa création, le Collège des Bernardins, édifié entre 1247 et 1252, répondait à un programme original définit par Etienne de Lexington, abbé de Clairvaux : concevoir, au cœur de l’université naissante à Paris, un lieu d’accueil et de perfectionnement pour les moines appelés à des études supérieures.

Inachevé, le projet fut abandonné à la Révolution, les terrains confisqués, l’église vendue et démolie, et le grand bâtiment des moines affecté à des usages divers : entrepôts, puis caserne de pompiers.

Cela permit cependant d’éviter une démolition totale, au prix de nombreuses dégradations et modifications de l’architecture gothique initiale, dont le remplacement du grand comble gothique initial par une toiture à l’italienne, au XIXème siècle.

Construites sur les terrains argileux hétérogènes de l’ancien lit de la Bièvre, les fondations s’étaient régulièrement enfoncées au cours des siècles, entrainant des désordres en cascade dans les structures du bâtiment.

La restauration conduite par Hervé Baptiste, architecte en Chef des Monuments Historiques et Henri de Lépinay ingénieur spécialiste des pathologies des structures anciennes a permis de faire revivre le bâtiment des moines.

Le grand comble reconstruit dans sa forme médiévale et le dégagement du pied des façades grâce à une douve creusée jusqu’au niveau du sol médiéval permettent de restituer les justes proportions du bâtiment.

Le dégagement des deux salles gothiques voûtées du cellier et du niveau supérieur, rendu possible par des dispositifs ingénieux, originaux et néanmoins discrets de reprise des structures et des fondations, a permis d’offrir de vastes espaces à l’architecture exceptionnelle, pour l’accueil des visiteurs, les évènements culturels et les salles d’enseignements.

Les aménagements intérieurs réalisés par Jean Michel Wilmotte contribuent à la beauté du lieu en jouant des contrastes entre les belles pierres du bâti historique et les interventions résolument contemporaines.

Ainsi l’installation improbable d’un amphithéâtre et d’une grande salle de réception dans le grand comble, la création de circulations verticales, l’aménagement d’un niveau de services au premier étage, la création de locaux spécialisés dont une salle servant de studio pour la chaîne de télévision KTO et l’intégration des technologies offrent l’ensemble des fonctions d’un grand équipement de premier plan ouvert au public.

Une attention particulière a été portée à l’inscription du projet dans le site urbain actuel grâce à l’aménagement d’un vaste parvis d’accueil des visiteurs au niveau de la rue de Poissy, offrant au public une vision d’ensemble du bâtiment des moines, prolongé par un petit jardin d’esprit médiéval.

Enjeux
  • Installer dans un bâtiment médiéval classé monument historique, un centre culturel et universitaire en respectant les exigences de préservation du patrimoine architectural et historique, en restituant au site toute la force symbolique du lieu et tout en offrant la technicité attendue pour un équipement contemporain.
  • Élaborer un montage juridique, administratif et financier complexe en concertation avec les autorités administratives impliquées : acquisitions, financement de la restauration, autorisations administratives, voisinage complexe, résolution des contradictions administratives entre règlement d’urbanisme et exigences des monuments historiques, etc.
Réalisation

L'interaction permanente entre l'élaboration du programme et le respect de l’architecture du bâtiment classé ont permis de relever les défis posés par un projet ambitieux :

  • Les recherches archéologiques ont mis à jour sur le terrain l’ancien canal de dérivation de la Bièvre, nous obligeant à modifier l’emplacement de l’amphithéâtre (du sous-sol vers les combles).
  • La qualité de certains espaces révélée en cours de projet comme la vaste salle du rez-de-chaussée ou l’ancienne sacristie nous ont amené à modifier le programme initial.
  • Les solutions retenues pour la stabilité même de l’édifice, ont été d’autant plus complexes à concevoir que cet édifice ne devait absolument pas être dégradé par des éléments structurels visibles.
  • À la fois Monument historique mais aussi Etablissement recevant du public, l’édifice intègre des équipements techniques complexes, dont l’insertion a fait l’objet d’un soin très attentif. Aucune voute n’a été percée, aucune cheminée ou ventilation n’est visible.
  • Le choix d’une solution pour la thermique du bâtiment, par thermofrigo-pompe sur l’eau de la nappe phréatique a permis d’éviter tout rejet de fumées ou de vapeurs tout en réduisant fortement les consommations énergétiques, répondant à la préoccupation environnementale et aux exigences architecturales.
  • Le projet respecte ainsi les grands principes des architectures cisterciennes : justesse des proportions, maîtrise de l’éclairage naturel, sobriété des matériaux et pureté des formes.